Safari dans le delta de l’Okavango : une expérience hors du commun

Delta de l'Okavango

Safari dans le delta de l’Okavango – Botswana

 

Le delta de l’Okavango est une des merveilles du Botswana. Deuxième plus grand delta du monde, il est formé de quelques millions d’îles qui accueillent les animaux sauvages. Entre terre et eau, le delta de l’Okavango est un lieu très particulier, isolé du reste du monde et puissant. J’y ai passé trois jours et deux nuits, voici mon récit d’expérience.Safari en Afrique

Safari dans le delta de l’Okavango

Notre aventure commence à Maun. Confortablement installés dans notre camping depuis la veille, nous replions tente et bagages à 6h15 du matin. C’est assez exceptionnel qu’on se lève aussi tard, on est presque heureux de pouvoir profiter ainsi d’une « grasse matinée ». Eh oui, en Afrique, on vit au rythme des animaux et donc, du soleil. Les journées commencent très tôt, mais on s’y habitue vite.

Première révélation pour nous : le porridge, c’est bon ! Il nous a fallu passer quelques jours sans déjeuner pour finir par tomber en amour pour cette mixture particulièrement appréciée des anglo-saxons. C’est le ventre plein que nous prenons place dans le camion en direction du delta de l’Okavango. Sur la route, nous passons dans de minuscules petits villages où les enfants nous offrent leurs sourires tout en faisant de grands gestes pour nous dire bonjour. Le coeur un peu pincé, nous continuons notre route jusqu’à l’embarcadère.Delta de l'Okavango

Promenade au fil de l’eau en mokoro

Nous touchons à peine le sol que nous devons déjà remettre le pied sur un plancher des plus instables, celui des mokoros. Les mokoros, ce sont les pirogues de la région. Elles sont dirigées par un guide qui, debout à l’arrière de l’embarcation, utilise une longue perche pour mettre le mokoro en mouvement. Autant vous dire que nous ne sommes pas rassurés quand nous voyons que nous sommes deux par mokoro, plus le guide, avec toutes nos affaires. Une fois en marche, l’eau est à quelques centimètres seulement du rebord. On contracte les abdos, et on essaie de ne pas trop gigoter.

Notre guide, Tom Lii, nous raconte des histoires sur le delta. Il s’excuse de son niveau d’anglais car il n’a pas été à l’école. Pourtant, nous apprenons beaucoup de choses avec lui. Par exemple, que les dizaines de dizaines d’araignées qui veulent embarquer dans notre mokoro sont inoffensives. Ouf, me voilà rassurée, je peux reprendre ma respiration !

Nous voguons tranquillement quand, tout à coup, notre guide dévie sa route pour s’enfoncer dans les roseaux. Il nous informe alors qu’un éléphant se trouve non loin et il nous invite à nous lever. C’est peu rassurée que je tente de me lever, craignant de nous faire chavirer à chaque seconde. J’aperçois l’éléphant et me rassied vite pendant que Tom Lii se moque gentillement de mon manque d’équilibre.

Installation sur notre île et fish pédicure dans le delta

1h20 plus tard, nous arrivons sur une petite île qui s’avère être notre QG pour les deux jours à venir. Nous montons notre tente, installons le coin provision, le coin cuisine, et creusons un  trou pour les toilettes. Retour à la vie sauvage.

Premier repas autour du feu, nous dégustons nos petits sandwichs faits avec beaucoup d’amour et nous nous écroulons de fatigue sous l’effet de la chaleur. Pour se réveiller, rien de plus simple, nous faisons un petit saut dans la piscine sauvage qui se trouve à deux pas de notre camp. Oui, nous sommes sur une île, donc, à fortiori, nous sommes entourés d’eau. Pas facile néanmoins de trouver un endroit qui ne soit pas envahi par les roseaux. La température de l’eau est parfaite mais la couleur est quant à elle assez atypique vu qu’elle est rouge. C’est la terre qui lui donne cette couleur. Les habitants principaux de notre piscine naturelle sont de tout petits poissons qui viennent nous manger les peaux mortes. Après tout, pourquoi pas !Delta de l'Okavango

Bush walks, à la découverte du delta et de ses animaux

La principale activité dans le delta, avec le mokoro, ce sont les bush walks. Les promenades à pieds dans le delta permettent en effet de découvrir et de ressentir la nature au plus près. Nous partons toujours en fin d’après-midi ou très tôt le matin, avant le lever du soleil, afin d’éviter les grosses chaleurs. Et même comme ça, nous rentrons lessivés.

Nous voilà donc partis en petits groupes, en file indienne. Nous zigzaguons à travers les champs et les buissons afin de ne pas effrayer les animaux. Ainsi, nous pouvons nous rapprocher progressivement d’un éléphant qui mange tranquillement. Pas de trop près toutefois, nous tenons à notre vie. 🙂 Nous voyons quantité de termitières parfois plus hautes que nous, des traces de pas, des macaques, des antilopes, des araignées, un cricket géant et une minuscule tortue… C’est sans compter la beauté des paysages qui nous laisse sans voix.

Imaginez-vous marcher dans la brousse en pleine nuit et voir le soleil se lever… C’est un moment intense et magique qui me donne encore des frissons en y repensant.Delta de l'Okavango

Au total, nous avons fait trois promenades dans le delta, deux d’1h30 et une de 3h. C’est lors de notre promenade matinale de 3h que nous avons assisté à une scène exceptionnelle. Nous avons repéré un troupeau de zèbres à quelques centaines de mètres. Nous nous sommes peu à peu rapprochés mais les zèbres sont des animaux très craintifs, ils se déplaçaient donc en même temps que nous. Finalement, nous avons pu nous approcher assez près pour les admirer. C’était magnifique. Et c’est qu’ils ont pris la fuite au grand galop. J’entends encore leurs sabots résonner sur le sol et je les vois, dans toute leur magnificence, galoper au loin pour protéger leur vie.Delta de l'Okavango

Passer la nuit au coeur du delta

Passer la nuit dans le delta de l’Okavango, c’est assez unique. Un dernier bain avant qu’il fasse nuit noire pour prendre notre douche, une bière fraiche en main, quelques cacahuètes et un jeu de carte… Le bonheur se trouve dans les choses simples, et nous l’avons définitivement trouvé ici, dans le delta. Nous nous éclairons avec nos lampe torche pour mettre en route le feu et déguster le dîner. Nous profitons ainsi de cette ambiance si particulière créée par la danse du feu, et cet environnement sauvage tout autour de nous. Au loin, nous entendons un troupeau de zèbres traverser le delta pour passer sur une autre île. Le cri des millions de grenouilles domine le tout, nous sommes cernés par la vie sauvage.
Le dernier soir, nos guides nous préparent une surprise et nous font une représentation de danses et de chants locaux. C’est drôle et magnifique à la fois. Nous sommes conscients de vivre un moment unique.

Avant de nous coucher, un dernier mot du guide en chef tout de même : « si vous vous levez pour aller aux toilettes cette nuit, regardez bien tout autour avec votre lampe avant de sortir de la tente. Si vous voyez deux points briller, c’est un léopard, restez dans la tente ». Sur ces belles paroles, bonne nuit !

Retour sur la terre ferme (ou presque)

Après une dernière virée en mokoro pour observer le coucher de soleil depuis une autre île, nous reprenons cette embarcation que nous avons finalement domptée pour rentrer à la ville. Nous sommes devenus des pros pour éviter les araignées (nous demandons simplement à Tom Lii de laisser passer un ou deux mokoros devant nous) et nous n’avons plus peur de chavirer.Delta de l'Okavango

Arrivés près d’un grand bassin où se trouvent habituellement des hippos, nous avons pourtant vécu une scène pour le moins étrange. En effet, les hippos avaient à peine sorti la tête de l’eau que Tom Lii nous faisait faire demi tour. Il nous a expliqué qu’il avait vu deux personnes mourir devant lui le mois précédent, à cause d’un hippo. Bien qu’herbivore, l’hippopotame a une mâchoire qui peut broyer quelqu’un en deux, et ça arrive bien plus régulièrement qu’on ne le pense. C’est l’animal le plus meurtrier d’Afrique. Sachant cela, nous ne sommes finalement pas mécontents que notre guide soit parti le premier. Nous n’aurons pas de photo, mais la vie sauve.

Vol au-dessus du delta de l’Okavango

De retour de ces deux jours extraordinaires au coeur du delta, nous nous envolons littéralement vers une nouvelle aventure. Nous avons beaucoup hésité car nous ne sommes pas fans des vols au dessus de zones naturelles. Mais ayant vu, dans le delta, que nous n’entendions pas les avions, nous avons décidé de tenter l’expérience pour découvrir le delta sous une autre facette.

Cinq passagers, un pilote et un avion à peine plus grand qu’une coquille de noix, nous voilà en l’air ! Je prends la place du co-pilote, mais je suis les instructions du pilote à la lettre : « Don’t touch anything !  » Ok boss.

Ce fut à la fois l’un des plus beaux et l’un des pires moments de ma vie. Le paysage était sublime, nous avons vu des troupeaux d’éléphants, d’hippopotames, des girafes, des zèbres et quelques centaines de termitières… C’était fabuleux. Ça l’aurait été encore plus si je n’avais pas été malade comme un chien tout le long du vol. En effet, quand on a le mal des transports, les micro-coucous à hélice, c’est pas top !

Passé cela, les images sont juste incroyables. Vous dire que c’était beau serait un euphémisme, je vous laisse constater par vous même !

Si cet article vous a donné envie de découvrir le delta de l’Okavango, n’hésitez pas, ça en vaut vraiment la peine !

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4 commentaires

  • C’est sublime ! Je ne connais pas du tout cette région mais vous m’avez fait voyager avec vous. Le coup du léopard fait passer l’envie d’aller aux toilettes en pleine nuit hahaha.

    • Merci Ingrid 🙂 Je suis contente si mes articles peuvent vous faire voyager, c’est le but ! Et en effet, ma petite vessie et moi n’avons pas essayé de nous lever en pleine nuit, c’est efficace !

  • C’est magnifique, j’ai envie de découvrir l’Afrique depuis quelque temps et là je suis tombé amoureux des paysages, des couleurs… merci pour ce bel article qui me donne envie de prendre un avion tout de suite pour le botswana !

    • Merci a toi Alexis, ça fait très plaisir d’avoir un retour positif sur ce que je fais. J’ai adoré le Botswana, et je suis contente que cela transparaisse suffisamment bien pour te donner envie d’y aller à ton tour !

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